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Histoires de vie

Gérard

TEMOIGNAGE d’un patient en rémission suite à une prostatectomie radicale

Le CANCER de la PROSTATE, à lui tout seul, représente 53% des cancers chez l’homme en Martinique.  Doit-on rester les bras croisés et attendre que ce chiffre augmente indéfiniment ? NON…Essayons d’abord de gommer le tabou qui règne autour de ce fléau et d’en parler comme le font les femmes pour leurs infections urinaires, frottis, fibromes ou autres… Commençons par faire le dépistage dès 45ans afin de surveiller le PSA qui se traduit par une simple prise de sang où le résultat doit être compris entre zéro et  4.                   

Dès que ce seuil est franchi, les complications commencent et les examens aussi…

Il ne faut pas hésiter à consulter un urologue pour en savoir plus : Echographie, toucher rectal et biopsie préciseront les qualificatifs attribués à cette prostate. Trois niveaux peuvent être décelés : une prostatite aigüe, un adénome prostatique ou un cancer de la prostate. Si on s’y prend assez tôt, on peut éviter le cancer ou du moins réagir avant qu’il ne soit trop avancé, ce qui permet des interventions plus simples et moins lourdes de conséquences. Alors, Messieurs, soyons courageux, car c’est décevant de constater que les commentaires stupides générés par le toucher rectal soient un frein à cette démarche. Mesdames, motivons nos hommes et, si possible, participez aux consultations et aux décisions prises afin d’être plus forts, pour affronter, à deux, cette épreuve et mieux gérer le post-opératoire et… la future vie sexuelle.

Une fois que les résultats sont annoncés, il faut se ressaisir, accepter la maladie et garder le moral afin d’en sortir vainqueur. Des examens complémentaires sont demandés afin que le staff médical définisse le type d’intervention choisi en fonction du taux d’agressivité du cancer : prostatectomie, curiethérapie ou radiothérapie, sans oublier la chimiothérapie et horrnonothérapie en complément.

Evitons de comparer…, chaque cas est un cas particulier suivant l’âge du patient, de son état physique ou moral, et de l’avancement du cancer.

Je peux vous confirmer que nous avons une bonne équipe de chirurgiens en Martinique, pas besoin de prendre l’avion, seulement leur faire confiance sans oublier que le personnel hospitalier est agréable, compétent et disponible même s’ils ont des faibles moyens.

Pour mon cas, malgré que je m’étais pris à temps, mon cancer était vicieux avec un PSA de 10,26 et un taux d’agressivité de 7 (score de Gleason), ce qui ne m’a pas permis de bénéficier d’une curiethérapie, dommage !…Le staff a décidé une prostatectomie radicale avec des suites post-opératoires plus complexes, telles que l’incontinence et l’impuissance (pilule pas facile à avaler…). M’étant déjà documenté sur internet, je savais à quoi m’en tenir et j’ai adhéré en concertation avec mon épouse qui était là pour me remonter le moral si besoin…

Après une opération réussie d’après le compte-rendu, les premières semaines ont été assez pénibles (gestion de sonde, urine, protections etc…) auxquelles  s’ajoutaient 32 séances de rayons et 150 séances de kiné (rééducations périnéales). Aussi, réactiver l’érection par des injections d’Edex reste un passage obligé, suivant le désir de chacun, avec des résultats pas toujours satisfaisants. En cas d’échec, le Cialis est prescrit en complément, et encore…

Aujourd’hui, quoique un fragilisé, je demeure toujours très actif, je vis comme tout le monde, je continue à bricoler, je me déplace en voiture, j’œuvre dans plusieurs associations ; je dois juste éviter certaines positions ou activités qui pourraient comprimer la vessie et occasionner quelques fuites,… mais je suis VIVANT… Certains patients qui ont trop attendu, passent par la radiothérapie, la chimiothérapie ou les hormones, sans compter d’autres complications plus difficiles à gérer, pouvant conduire malheureusement au décès.

Pour conclure, je supplie mes compatriotes, de faire abstraction de toutes banalités qui pourraient les décourager à se faire dépister le plus tôt possible, surtout s’il y a eu des antécédents familiaux, afin de bénéficier d’une intervention simple pour que ce nombre de Cancer de la Prostate diminue en Martinique et que nos hommes restent, le plus longtemps possible, de braves gaillards virils et reproducteurs. Sur ce, BON COURAGE , Messieurs….

Témoignage de Gérard EDMOND, 66ans

Christian

Témoignage Patient

Christian, retraité, atteint d’un cancer de la prostate

« La parole fait partie de la thérapie »

« D’une manière générale, en matière de cancer, il y a un gros décalage entre les hommes et les femmes : je pense que la parole masculine est plus prisonnière que celle des femmes. Cela vient de l’histoire, des traditions et, probablement, du caractère de l’homme qui très “timoré” dans sa façon d’aborder le sujet. Et si aujourd’hui, la parole semble se libérer dans le cercle intime, nous n’en sommes qu’aux premiers frémissements dans la sphère sociale et sociétale où l’on en parle très peu. En ce qui me concerne, je n’ai jamais eu de difficulté à parler de mon cancer et je n’ai jamais trouvé cela honteux. Même si force est de constater que cela le demeure, comme tout ce qui touche au sexe : cela est perçu comme une entrave, a fortiori dans un siècle où tout doit être performance. Pourtant, la parole fait vraiment partie de la thérapie : il faut avoir des informations sur sa maladie. Le personnel médical est justement là pour en parler aux patients, leur faire connaître leur maladie, ce qu’on peut faire pour lui et comment se faire aider. Et le conjoint doit être pleinement intégré dans ce processus, d’autant que les femmes sont souvent beaucoup plus proactives que les hommes ! Pour moi, en parler a été essentiel, c’est mon épouse qui en a même parlé le plus. C’est elle qui a guidé mes recherches et cela a été primordial.

Valérie

Témoignage Aidant

Valérie, infirmière bénévole à la cellule d’écoute de l’association de patients Cerhom et épouse d’un patient qui a eu un cancer des testicules

« Le dialogue est nécessaire pour tenir bon »

« Quand le cancer de mon époux a été diagnostiqué, je l’ai assez mal vécu : il était jeune, nous avions deux enfants en bas âge de 3 ans et 10 mois... Notre premier réflexe a été de se dire que nous allions nous battre. C’est seulement après qu’est venu le temps des questions. En temps qu’épouse, certains moments sont particulièrement difficiles à vivre, notamment quand on est seul à la maison et que l’autre est à l’hôpital, pendant les chimios, par exemple. Pendant la maladie, le conjoint se retrouve à devoir tout porter seul car on ne veut pas embêter l’autre, notamment avec les problèmes du quotidien. C’est pour cela qu’il faut oser demander de l’aide et un accompagnement, notamment au personnel médical. Le rôle et la place du conjoint sont difficiles à tenir : il faut aider les autres à ne pas se laisser abattre et à ne pas lâcher prise. Il faut également tenir bon, même quand on essuie des refus de la part de l’autre. Je crois que, pour un couple, la maladie peut soit le faire éclater soit le renforcer. C’est pour cela que le dialogue est nécessaire. Pour ma part, je pense qu’il m’était plus facile de parler de la maladie que pour mon époux. D’ailleurs, son cancer date de 2001 et je dirais qu’il n’en parle ouvertement que depuis 2 ans. De même, malgré le jeune âge de nos enfants, j’ai toujours choisi de tout leur expliquer, avec des mots qu’ils pouvaient comprendre. C’est vrai que c’est difficile à aborder car on a peur du regard de l’autre mais il faut le faire car je crois que l’on vit mieux la maladie en famille. Nous avons également tenu à nous entourer de gens “sains” et positifs, qui veulent vous voir guérir. C’est extrêmement important. Pour les gens qui sont isolés, il faut oser demander de l’écoute, peut-être davantage encore. »

Prévention cancer du testicule

Bonjour à tous, je m'appelle Pauline. Je suis la compagne de Maxence, décédé en Novembre 2015 d'un cancer du testicule. J'ai enregistré cette vidéo quelques semaines après la disparition de Maxence afin d'apporter notre témoignage et surtout pour insister sur la prévention de ce cancer qui est primordiale. Parce que si nous avions été informés, nous n'aurions pas laissé la maladie s'installer... Alors je voulais, avec mes petits moyens, essayer de sensibiliser les hommes c'est que que Maxence aurait voulu.







Ironman, plus fort que le cancer

Je suis un ancien patient de karim Fizazi avec lequel j'ai gardé des relations amicales.
J'ai eu un cancer du testicule en 2001. J'ai 36 ans. Professionnel de santé près du Havre (je suis biologiste médical), je n'ai pas le temps de m'occuper de moi. Quand je daigne aller voir mon collègue urologue, le diagnostic est immédiat et le bilan d'extension est déjà important.
Je consulte à l'IGR un jeune médecin : le Dr Karim Fizazi qui avalise les protocoles et permet grâce à un relais de l'IGR sur le Havre que je poursuive les traitements à l’hôpital Monnod au Havre près de chez moi .

Chirurgie castratrice, première cycle de chimio. Échec immédiat. 2eme Chimio de rattrapage. Échec. Mes métastases ganglionnaires sont très rebelles aux traitements. Un scanner cérébral m'annonce une volumineuse métastase au cerveau... Mes 3 enfants ont 2 , 5 et 8 ans. Je commence à ne plus y croire.
Un IRM de confirmation m'annonce enfin une bonne nouvelle. Il ne s'agit que d'une malformation vasculaire bénigne . un angiome.

Désormais les traitements auront lieu à l'IGR. Cela ne facilite pas la vie de mon épouse qui tient toute la famille à bout de bras. Mes deux petits ne se rendent pas compte de grand chose. L’aîné en revanche subit. Il en restera toujours quelque chose.

Nouvelle sanction chirurgicale avec un curage ganglionnaire en juillet 2002. Les biopsies sont positives. Les cellules sont toujours là et résistantes.

Karim me propose un traitement expérimental. ça commence à sentir vraiment mauvais. Mon état général reste bon mais je fatigue des agressions des traitements anticancéreux mais aussi des facteurs de croissances. j'ai de la chance, je suis jeune et robuste ; J'encaisse.
Je subis les effets secondaires du cisplatyl avec des acouphènes importants et une perte d'audition nette difficilement appareillable. Je traîne ce petit cadeau 10 ans plus tard d'ailleurs.
Le troisième cycle est un échec. Karim m'annonce qu'il n'y a plus grand chose à tenter en traitement traditionnel.

Il va falloir essayer le tout pour le tout sous la forme d'une intensification de chimiothérapie avec greffe de moelle. A faire deux fois.

J'avoue ne pas y croire. Mon cancer qui avait un bon pronostic défit toutes les statistiques. Internet a ceci de formidable, c'est qu'il est facile d'y voir son pronostic de guérison s'amenuiser pour descendre à quelques %...
Les prélèvements de moelle commencent, mon organisme est fatigué. Il n'y a de quoi faire qu'une seule greffe.
Premier décembre 2002, je rentre en unité de soin à l'IGR. Les traitements sont terribles, souffrance, épuisement, affaiblissement. Après 3 semaines de traitement et ma greffe je ressors le 24 décembre. Je marche avec difficulté. Mon épouse m'aide. Je réveillonnerai d'un coca et d'une salade maïs poulet industrielle stérile. Pourtant quel bonheur je suis dehors !

Encore un mois et demi de convalescence . Je récupère rapidement.

Février 2003 Une nouvelle sanction chirurgicale m'attend à Marie Lannelongue sous la forme d'un grand curage ganglionnaire avec ouverture complète de l'abdomen. Alors ça, ça fait très très mal en suite opératoire !
Je vais y rester une dizaine de jours. Au moment de ma sortie, le médecin du service vient me voir et m'annonce que l'analyse anapath des ganglions prélevés est favorable. Il n'y a plus de cellules cancéreuses vivantes.
Je pleure...

Au cours des années qui vont suivre, je continue de consulter le Dr Fizazi devenu Professeur. J'ai beaucoup de reconnaissance, d'amitié pour lui .

Les scanners et dosages des marqueurs se succèdent. Au début avec beaucoup d'anxiété puis j'en suis persuadé , je suis guéri. Mes rechutes étaient immédiates. Je n'ai plus rien. En 2012 le suivi s’arrête. 
Nous nous envoyons nos vœux avec Karim. C'est lui d'ailleurs qui m'a orienté vers l'association.


En 2012, afin de perdre un peu de poids que j'ai rapidement repris après mes traitements, je décide de me remettre au sport. Un peu de course à pied puis de vélo. Après tout je suis un ancien nageur ; pourquoi pas le triathlon. A 20 ans j’étais fasciné par les premiers reportages télévisés sur l'ironman de Nice. Mark Allen était mon Héros.

Je participe à quelques courses de faibles distances. Je persiste, m'exerce, rentre dans un club, me licencie. Grâce à mon e-entraîneur Guy Hemmerlin je m'améliore en performance mais également en endurance.

Le 6 juillet 2014 je deviens à Frankfort un IRONMAN après 3.8 km de natation, 180 km de vélo suivi d'un marathon en 11h45.


Voila mon témoignage. Même quand tout semble compromis il faut lutter et tout est possible.

Le 12 juillet je renouvellerai la tentative à Roth sur le même format. C'est avec plaisir que je courrai sous les couleurs de l'association et/ou de l'IGR.


De même, je vais essayer de décrocher une place pour le championnat du monde Ironman à Hawaii 2015 pour mes 50 ans.

Mes performances ne me permettent pas d'obtenir le sésame selon le mode de qualification usuel. Néanmoins des dossards sont attribués sur de belles histoires. Je monte un dossier. Votre soutient serait un plus...


Je vous remercie de l'attention qui a été la vôtre si vous êtes arrivés jusqu’au bout de ce texte.


Bien cordialement




P. Leluan 


Une icône

Je me suis rendu à la Guadeloupe pour aussi rencontrer quelqu’un dont on m’avait parlé.
Voici son histoire.

Il s’appelle Léo CAPTANT, il réside dans la commune de Sainte Anne Département de la Guadeloupe (ile en forme d’ailes de papillon) Né en 1943 il est âgé  de 71 ans. Tout aurait pu être rose, sur l’ile aux belles eaux mais depuis huit ans, Léo est atteint d’un cancer de la prostate métastasée sur les os.une icone

Rappelons au passage que les Antilles sont championnes du monde du cancer de la prostate, en termes de pourcentage de la population. Le responsable serait parait-il d’après certains le  Chlordécone, un pesticide utilisé durant des années, officiellement jusqu’en 1993, pour combattre les insectes parasites de la banane. Nos autorités sanitaires on validé l’usage de ce puissant poison. Du coup, le sol et le sous-sol de nos Antilles ont été infectés. Désormais la population porte dans ses gênes cette faiblesse e,t est devenu par ces épandages massifs, une population à risque..

Interviewé, Léo me déclarait qu’il ne se considérait pas comme malade. Pour lui, tout va bien car depuis toujours il a décidé de vivre jusqu’à plus de 100 ans et il n’y aucune raison que cela change. Prudent, cela ne l’empêche pas prendre assidument les médicaments prescrits par le CHU de Pointe à Pitre Guadeloupe le Docteur Lababidi Oncologue.
De préciser qu’il ne rajoute aucun complément à son traitement ni ne fait l’objet d’une médecine parallèle.

Sur le plan professionnel, Léo a initialement été comptable de 1966 à 1986 avant de se reconvertir comme tenancier de la première rhumerie qu’il avait lui-même créé à NANTES de 1986 à 1999. Puis, toujours en 1999, âgé à 56 ans, il survolait le circuit de la route du rhum et par un vol régulier, traversait l’atlantique destination  Guadeloupe pour s’occuper de sa mère très malade. Après sa disparition il était employé dans le batiment de 2004 à 2008, tout en faisant en parallèle une formation dans les plantes. En 2008, diagnostiqué Cancer prostatique métastasé sur les os, il décidait de travailler comme jardinier paysagiste, chose qu’il continue de faire aujourd’hui en raison de ses faibles revenus. Seul changement depuis la déclaration de son cancer pour se préserver, il limite ses déplacements, pour ne travailler que dans les alentours en prenant soin de boire beaucoup d’eau.

Sur sa pathologie, pendant une période, il avait des suées nocturnes peu importantes qu’il qualifiait de simplement gênantes. Attribuant ses suées à l’andropause, elles passaient pratiquement inaperçues en journée car il transpirait, trop occupé à la tache.
Depuis, il a oublié le nom des précédents médicaments prescrits. Actuellement, son traitement est :
- Xtansi,
- Emantone 11,25 tous les trois mois (injection)
- Xéva 120ML en tous les mois les mois (injection)
Les capsules qui lui étaient prescrites avant Xtansi, lui imposaient des horaires d’absorptions contraignantes en rapport aux repas. Xtansi est un vrai confort pour lui, déclare t-il.
Il n’a jamais connu aucun effet secondaire.
Léo n’a, non plus, jamais connu la douleur et persiste à dire qu’il ne se considère pas comme malade.
Léo tient à souligner le travail de son Oncologue le Docteur LABABIDI qui le suivait au CHU de Pointe à Pitre avant de finalement être muté au CHU de la Martinique.

Enfin sur son quotidien. Léo vit seul depuis le décès de sa mère. Il conduit sa voiture, fait ses courses et assure normalement ses repas l’entretien de son linge de sa maison et de son jardin. Il a même internet et jongle avec sa messagerie prétextant qu’ayant été comptable, il ne pouvait que demeurer « connecté ».
Lorsque j’ai expliqué à Léo l’existence de CERHOM et de son intérêt, il a aussitôt décidé d’aller visiter notre site CERHOM. Puis il a adhérer à l’Association CERHOM. Il s’est emparé d’une liasse de flyers destinée aux patients en quête d’information qu’il remettra à son Urologue, son Oncologue et son médecin traitant.

Léo est le premier adhérent de CERHOM à être domicilié à la Guadeloupe (Antilles Françaises) il méritait un clin d’œil d’autant qu’il est devenu pour les adhérents de CERHOM, malades de cancer de la Prostate métastasée sur les os, un véritable icône.
Cerise sur le gâteau il est passé d’un PSA de 1009 à aujourd’hui 0,23
Bienvenue à CERHOM nous ne souhaitons que le meilleur.

     Marc PLAISANCE

Valérie

Je m’appelle Valérie et je suis l’épouse d’Olivier.
Il a appris il y a maintenant 13 ans, à l'âge de 31 qu’il avait un cancer testiculaire métastasé. Cette nouvelle a été très difficile à accepter, d’autant que nous avions à l’époque 2 enfants en bas âge ( 4 ans et 10 mois).
Puis tout c’est enchainé très vite. Intervention puis chimiothérapie.
Nous avions beaucoup de questions concernant la virilité, la vie de couple, la vie de famille...mais nous nous sommes dit qu’il fallait faire confiance à la médecine.
Ca n’a pas toujours été simple. Avec les traitements assez lourds, il fallait faire face aux effets secondaires : dégout de la nourriture, de certaines odeurs ; vomissements... Mais nous étions confiants et profitions de chaque moments qui nous étaient donnés.
Même si parfois le doute était présent, il fallait aller de l’avant et ne jamais se décourager. Je crois que notre force était d’être 2. Malgré quelques tensions et parfois une certaine irritabilité, nous nous sommes toujours soutenus mutuellement.
Une fois la chimio terminée, il a fallu faire face à une autre intervention pour enlever les métastases restantes. Nous étions toujours confiants.
Il y a eu ensuite un suivi tous les 6 mois puis tous les ans et enfin tous les 2 ans. Cela fait maintenant 2 ans que mon époux n’a plus besoin d’être suivi. Il va bien.
Je précise également que 4 ans après son traitement nous avons eu un troisième enfant. Comme quoi, il faut toujours garder espoir, être ensemble et tenir bon. A ce prix, la maladie peut être vaincue et ça en vaut la peine.
 
Valérie

Marc

Lors de ma première injection de Taxotère, l’instance médicale m’avait prescrit le port d'un casque, de gants et de chaussons congelés.
 
Ces « artifices » ont le mérite de maintenir les parties concernées au froid, ce qui réduit la circulation sanguine et limite les altérations et effets secondaires comme la perte des cheveux et des ongles.
 
Pour ma 6ème injection dans ce grand hôpital parisien, j'ai donc réclamé à l’infirmière l’équipement d’usage.
 
Au cours des précédents préparatifs à l’injection, j’avais remarqué que le personnel infirmier me mettait des gants en Nitrile (de couleur violette), rajoutait une espèce de papier tissé sur les mains et me faisait ensuite enfiler les gants congelés.
 
Cette fois, aucun papier tissé ne me fut posé entre les deux gants.
 
D'emblée, j'ai ressenti une réaction différente qu'à l'accoutumée et j'en ai aussitôt fait part à l'infirmière qui m'a simplement conseillé de sortir mes mains pour avoir moins de gêne.
 
En tout début de traitement, mon médecin référent m'avait informé des éventuelles réactions vis-à-vis du froid (sensibilité particulière, picotement etc…)
 
Je me suis donc contraint à supporter les gants, ne voulant surtout pas avoir les effets secondaires évoqués: perte d’ongles, infections…
 
Au bout d'une demi-heure, j'ai appelé l'infirmière tant la douleur devenait insupportable et lui ai réclamé la couche intermédiaire en papier tissé dont elle m'a aussitôt équipé.
 
J’ai remis les gants congelés mais la douleur était si intense pour la main droite que j'ai fini par la sortir conservant ma main gauche dans le gant gelé avec le papier tissé.
 
Au bout d'une heure et vingt minutes, ma séance étant finie, j'ai retiré ma "panoplie".
 
Mes mains étaient très douloureuses et j'ai donc frotté mes doigts pour retrouver un peu de circulation.
 
C'est à ce moment-là que j'ai remarqué que mes index, majeur, annulaire et auriculaire de la main gauche ainsi que mon pouce de la main droite étaient gelés à leurs extrémités. Ils étaient durs comme des billes.
 
Le bout de mes doigts étant devenus blanc jaunâtre, j'ai aussitôt été pris en charge par le médecin de permanence.
 
Actuellement, j’ai un engourdissement et des picotements au niveau des parties atteintes, mais j’ignore s’il s’agit du traitement Taxotère ou des suites de mes doigts congelés.
 
J’ai souhaité porter ce témoignage auprès de CERHOM pour une mise en garde aux actuels et futurs patients concernés par le sujet.
 
Marc

Histoire d’une amitié

Je souhaitais témoigner de ce changement radical dans ma vie de malade.
 
Je suis atteint d’un cancer de la prostate, d’emblée métastatique, depuis 4 ans. J’avais de grosses difficultés à affronter ma maladie, car je manquais d’écoute, malgré la présence appuyée au quotidien de ma femme.
 
Depuis un an, j’ai rejoint CERHOM, où j’ai rencontré Jérôme, un homme qui partageait la même souffrance, et dans la même situation familiale que moi mais depuis 3 ans.
 
Résidant à 500 Km l'un de l'autre, nous avons, grâce à CERHOM, échangé nos coordonnées et c’est quasiment au quotidien que nous nous appelons pour parler de la pluie et du beau temps et évoquer nos souffrances communes face à la maladie et aux traitements.
 
Cela m’a fait le plus grand bien.
 
CERHOM m’a permis de découvrir un véritable ami en la personne de Jérôme et ainsi retrouver une vie sociale acceptable.
 
Merci à l’équipe de CERHOM et à son dévouement sans faille.
 
Bravo pour l’action qu'elle mène, action qu’il convient d'encourager par tout moyen ne serait-ce qu'une simple adhésion…
 
François

Gisèle

Je me prénomme Gisèle.
 
Je suis l'épouse d'un malade atteint d'un cancer de la prostate métastatique osseux.

Je tiens à vous apporter mon témoignage qui peut librement être mis sur le site de CERHOM "Association".
 
Le statut de femmes ou de compagnes de malades, principalement cancéreux, apparaît souvent comme très difficile. Nous ne savons pas toujours comment gérer leurs angoisses qui sont également les nôtres. Nous nous demandons toujours comment "aider de la bonne manière", car l'impression qui prédomine est d'être "à coté de la plaque".
 
Depuis la création de CERHOM, l'année dernière, j'ai trouvé une équipe d'hommes et de femmes sur lesquelles je peux compter. Lorsque des étapes importantes approchent ou sont à franchir, des appels téléphoniques, des sms ainsi que des mails de soutien à mon époux ne manquent pas. Ce dernier m'a souvent confié apprécier ce réconfort et je ne vous cacherai pas, que de voir arriver tous ces petits gestes orientés vers lui, me font le plus grand bien.
 
L'équipe CERHOM, en pleine construction l'an passé, a quand même organisé, une journée ludique au Château de Guédelon (89). Nous nous y sommes retrouvés plus d'une vingtaine. Cela nous a permis de nous rencontrer et de faire connaissance. Certains sont venus de loin, comme nous, pour participer à cette sortie.
 
Cette journée restera gravée dans ma mémoire car le rire prédominait, ce qui est loin de nuire à la santé…
 
La maladie, toujours présente, n'était vraiment pas la dominante de nos préoccupations, ce qui fut pour moi et mon époux un véritable bol d'air. Nous reparlons souvent à nos proches de cette première sortie conviviale et des bienfaits qu’elle nous a amenés.
 
Cette année, un week­end est organisé en Gironde, chez un membre de l'équipe. Nous y participerons et nous préparons dès à présent des petites choses, histoire de contribuer à la bonne ambiance.
 
Je tiens surtout à remercier notre président, un vrai fédérateur, un soutien solide qui donne beaucoup de son temps malgré ses propres problèmes de santé.
 
Je suis certaine que dans un proche avenir, CERHOM pourra, grâce à ses contacts, son investissement, apporter à chaque malade une réponse aux questions, aux doutes et concourir, par la récolte des dons, à faire avancer la recherche.
 
Merci à chacun d'avoir lu ce modeste témoignage.
 
Gisèle

TAXOTERE Le saviez-vous ???

Jean-Pierre, l’homme qui compte de nombreuses histoires surprenantes, a souhaité nous faire part de celle-ci.
 
CERHOM contribuera-t-elle à changer la conclusion de cette histoire vraie ?
 
Le “petit” récit menant à la découverte du TAXOTERE* mérite d'être conté.
 
La plupart des cimetières abrite nombre de conifères.
 
Autrefois les corbillards étaient tirés par des chevaux. Pendant les enterrements, les chevaux de corbillard restaient attachés à proximité, se nourrissant des fruits de ces petits arbres.
 
Curieusement bon nombre de ces ongulés étaient malades voire mouraient par la suite.
 
LA RECHERCHE DÉJÀ !!!
 
En fait, on s'est très vite aperçu que l'origine toxique de l'if provenait d'un de ses alcaloïdes : le taxol. Les études des chercheurs ont permis d’isoler cette substance et de l’améliorer pour donner au final les taxanes dont le TAXOTERE*.(Taxus est un genre de conifères de la famille des Taxacées qui comprend une dizaine d'espèces généralement nommées ifs.)
 
Tous ces noms proviennent du nom latin de l'if qui est TAXUS.
 
Aujourd'hui, l'activité antimitotique du TAXOTERE* est mieux connue et elle est utilisée en cancérologie (en particulier sein et prostate). Il faut savoir que le Docétaxel a un concurrent sérieux … et français (COCORICO).
 
Cette molécule, le Cabazitaxel, autorisée sur le marché français, a l'énorme inconvénient de ne pas être remboursée par la Sécurité Sociale. ce qui compte tenu de son prix, en fait un dérivé à peu prés inexploitable dans notre propre pays, malgré d'indiscutables avantages par rapport au Docétaxel.

Traitement et Nourriture

Je me prénomme Marina  et je suis mariée à Yves.
 
Mon époux a été atteint d’un cancer du testicule à l’âge de 33 ans, il y a donc 11 années. Je voulais faire part de mes constatations relatives à l’impact du traitement sur son alimentation.
 
Quand on parle de chimio, la première image qui nous vient est celle de personnes ayant des nausées voire des vomissements.
  
Étrangement, durant la chimio de mon mari, il n'en fut rien. Il a toutefois eu un dégoût des plateaux repas de l'hôpital, leurs odeurs lui étant devenues insupportables.
 
Le personnel hospitalier nous avait autorisés à amener de la nourriture de la maison durant ses séjours de traitement en hôpital. Je crois que je n'ai jamais autant préparé de tartiflette qui était devenue son repas préféré. 
 
A la maison, il mangeait une pleine assiette de frites avant d'avaler son repas du soir. Bref, il n'aimait que la nourriture grasse et trop salée. 
 
Résultat : A la troisième série de chimio, il avait pris 8 kilos ! Il faisait de la rétention d'eau.
 
Les 4 premiers kilos ont été perdus en quelques jours grâce à la prescription d’un comprimé miracle nommé Lasilix. Avec ce cachet, l'envie d'aller aux toilettes ne se fait pas attendre et vous avez moins de 10 secondes pour vous y rendre.
 
Par contre, les 4 derniers kilos ont mis quelques mois avant de disparaître.

Je tenais à vous faire part de mon étonnement face à cette liaison particulière entre le traitement et la nourriture qu’a vécu mon époux.

Yves est en rémission depuis lors. Il fait l’objet d’une surveillance médicale par un contrôle tous les 2 ans.
 
Je précise que nous avons 2 enfants dont 1, né 3 ans après son traitement.

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TEMOIGNAGE d’un patient en rémission suite à une prostatectomie radicale

Le CANCER de la PROSTATE, à lui tout seul, représente 53% des cancers chez l’homme en Martinique.  Doit-on rester les bras croisés et attendre que ce chiffre augmente indéfiniment ? NON…Essayons d’abord de gommer le tabou qui règne autour de ce fléau et d’en parler comme le font les femmes pour leurs infections urinaires, frottis, fibromes ou autres… Commençons par faire le dépistage dès 45ans afin de surveiller le PSA qui se traduit par une simple prise de sang où le résultat doit être compris entre zéro et  4.                   

Dès que ce seuil est franchi, les complications commencent et les examens aussi…

Il ne faut pas hésiter à consulter un urologue pour en savoir plus : Echographie, toucher rectal et biopsie préciseront les qualificatifs attribués à cette prostate. Trois niveaux peuvent être décelés : une prostatite aigüe, un adénome prostatique ou un cancer de la prostate. Si on s’y prend assez tôt, on peut éviter le cancer ou du moins réagir avant qu’il ne soit trop avancé, ce qui permet des interventions plus simples et moins lourdes de conséquences. Alors, Messieurs, soyons courageux, car c’est décevant de constater que les commentaires stupides générés par le toucher rectal soient un frein à cette démarche. Mesdames, motivons nos hommes et, si possible, participez aux consultations et aux décisions prises afin d’être plus forts, pour affronter, à deux, cette épreuve et mieux gérer le post-opératoire et… la future vie sexuelle.

Une fois que les résultats sont annoncés, il faut se ressaisir, accepter la maladie et garder le moral afin d’en sortir vainqueur. Des examens complémentaires sont demandés afin que le staff médical définisse le type d’intervention choisi en fonction du taux d’agressivité du cancer : prostatectomie, curiethérapie ou radiothérapie, sans oublier la chimiothérapie et horrnonothérapie en complément.

Evitons de comparer…, chaque cas est un cas particulier suivant l’âge du patient, de son état physique ou moral, et de l’avancement du cancer.

Je peux vous confirmer que nous avons une bonne équipe de chirurgiens en Martinique, pas besoin de prendre l’avion, seulement leur faire confiance sans oublier que le personnel hospitalier est agréable, compétent et disponible même s’ils ont des faibles moyens.

Pour mon cas, malgré que je m’étais pris à temps, mon cancer était vicieux avec un PSA de 10,26 et un taux d’agressivité de 7 (score de Gleason), ce qui ne m’a pas permis de bénéficier d’une curiethérapie, dommage !…Le staff a décidé une prostatectomie radicale avec des suites post-opératoires plus complexes, telles que l’incontinence et l’impuissance (pilule pas facile à avaler…). M’étant déjà documenté sur internet, je savais à quoi m’en tenir et j’ai adhéré en concertation avec mon épouse qui était là pour me remonter le moral si besoin…

Après une opération réussie d’après le compte-rendu, les premières semaines ont été assez pénibles (gestion de sonde, urine, protections etc…) auxquelles  s’ajoutaient 32 séances de rayons et 150 séances de kiné (rééducations périnéales). Aussi, réactiver l’érection par des injections d’Edex reste un passage obligé, suivant le désir de chacun, avec des résultats pas toujours satisfaisants. En cas d’échec, le Cialis est prescrit en complément, et encore…

Aujourd’hui, quoique un fragilisé, je demeure toujours très actif, je vis comme tout le monde, je continue à bricoler, je me déplace en voiture, j’œuvre dans plusieurs associations ; je dois juste éviter certaines positions ou activités qui pourraient comprimer la vessie et occasionner quelques fuites,… mais je suis VIVANT… Certains patients qui ont trop attendu, passent par la radiothérapie, la chimiothérapie ou les hormones, sans compter d’autres complications plus difficiles à gérer, pouvant conduire malheureusement au décès.

Pour conclure, je supplie mes compatriotes, de faire abstraction de toutes banalités qui pourraient les décourager à se faire dépister le plus tôt possible, surtout s’il y a eu des antécédents familiaux, afin de bénéficier d’une intervention simple pour que ce nombre de Cancer de la Prostate diminue en Martinique et que nos hommes restent, le plus longtemps possible, de braves gaillards virils et reproducteurs. Sur ce, BON COURAGE , Messieurs….

Témoignage de Gérard EDMOND, 66ans

picto logoConseils de vie pratiques

La revue Prescrire appelle au retrait du Motilium, cause de morts subites
 
Publié par AFP le Mercredi 19 Février 2014 à 13h17
 
Un médicament utilisé contre les nausées et vomissements, la dompéridone (Motilium et génériques),  qui serait responsable de 25 à 123 morts subites en 2012 en France, doit être retiré du marché par les  autorités sanitaires européennes, selon la revue indépendante Prescrire.
 
La dompéridone (Motilium de Janssen Cilag, Peridys de Pierre Fabre et autres marques ou génériques) est un neuroleptique, qui a une "efficacité modeste" contre les nausées-vomissements banals, mais "augmente le risque de troubles du rythme cardiaque et de morts subites", indique la revue qui publie mercredi (http://bit.ly/1gEx1ug).
 
Le Motilium et ses équivalents font d'ailleurs partie de la liste noire des (http://bit.ly/1ezU5Wp) publiée fin janvier par Prescrire.
 
Environ 7% des adultes ont eu au moins une fois une prescription de ce médicament en 2012, soit  environ 3 millions de personnes en France, d'après les données de l'Assurance maladie, note à ce mercredi la revue.
 
En rapprochant les données de remboursements de l'Assurance maladie et la fréquence des morts  subites en France, Prescrire estime "que 25 à 120 morts subites sont imputables à la dompéridone en 2012" en France.
 
On sait que les neuroleptiques exposent aux troubles du rythme cardiaque, rappelle Prescrire.
 
Depuis 2005, plusieurs études épidémiologiques, néerlandaises et canadiennes, ont montré que les morts subites cardiaques sont environ 1,6 à 3,7 fois plus fréquentes en cas d'exposition à la dompéridone.
 
Fin 2011, l'Agence française du médicament ANSM et la principale firme concernée ont informé du risque de mort subite les médecins et les pharmaciens. L'ANSM avait par ailleurs mis en garde contre l'usage non autorisé du Motilium pour favoriser l'allaitement.
 
En mars prochain, l'ANSM doit se prononcer sur la dompéridone, mais Prescrire craint qu'elle ne "se contente que de préconiser" des baisses de doses ou de durée de traitement. Ces mesures ,"insuffisantes" pour protéger les patients, reporteraient "la responsabilité des agences sanitaires vers les soignants",  déjà suffisamment occupés pour ne pas avoir, en plus ,"à expliquer aux patients que tel ou tel médicament est autorisé mais à éviter".
 
"Il est temps que les autorités sanitaires européennes retirent du marché ce médicament" poursuit la revue selon laquelle il "peut aisément être remplacé par de meilleures solutions pour les patients".
 
En pratique, souvent les troubles qui motivent la prise de ce médicament disparaissent spontanément, ou avec l'appoint de mesures diététiques, indique Prescrire qui cite des options thérapeutiques comme par exemple le Mopral en cas de reflux gastro-oesophagien (remontée du contenu de l'estomac dans la bouche) ou encore "dans de rares cas" et "avec beaucoup de prudence" le Primpéran ou ses équivalents (molécule: métoclopramide) et à dose "minimale, en surveillant de très près ses effets indésirables de neuroleptique".

picto logoTravail

J’ai toujours été une personne très active et c’est en Mai 2011 que j’ai été mis à la retraite car j’étais fonctionnaire (55 ans).
 
Quatre mois plus tard, j’apprenais que j’étais atteint d’un cancer de la Prostate métastasée OS.
 
J’aime à savoir les choses pour pouvoir m’organiser... Aussi, ai-je demandé à mon médecin oncologue à combien elle estimait mon espérance de vie.
 
Très ennuyée, elle m’expliqua que chaque personne était différente et qu’il était difficile d’évaluer et de donner une date. Comme j’insistais (lourdement) elle finit par me dire : « Etant donné le caractère très agressif de votre maladie, comme j’aimerais que vous soyez parmi nous dans trois ans. »
 
Je répondais au docteur en riant : "vous vous rappellerez de moi, car pendant encore de nombreuses années je serai présent à vous « embêter »". La doctoresse me répondit quelque chose du genre : « Et bien soit »….
 
Ayant construit ma maison (4 niveaux) j’avais de solides connaissances en « bricolage » et malgré ma situation de retraité et de malade, je m’active de toute part. Je bricole chez mes amis, mes voisins, ma fille et mes taches vont de la pose d’un parquet collé ou flottant, à l’installation d’une cloison, la peinture intérieure ou le pose de papier peint, mais je m’active également au grand air… (rire). De brosser une toiture pour éliminer les lichens et autres mousses ou champignons, puis laver et traiter au produit anti-mousse ne me fait pas non plus reculer, ni repeindre une façade, élaguer des arbres ou tailler une haie...
 
Je me dis que c’est trop tôt pour partir et que les gens ont besoin de moi, j’ai des choses à finir… (rire).
 
Tout en étant fonctionnaire, j’avais préparé et obtenu les sacrements pour être entres autres Maitre Nageur Sauveteur. J’ai fait valoir mes diplômes auprès de diverses piscines qui occasionnellement m’embauchent pour assurer cours d’aquagym ou formation BB  nageurs, voire scolaire ou tout simplement la surveillance du public.
 
Et c’est sur ce dernier point que je me surprends à penser que c’est moi, le malade pris en charge par le corps médical, qui assure la surveillance sur le bassin. C’est moi et moi seul à qui revient la charge d’assurer la sécurité et de garder en vie tous ces nageurs, si l’un d’entre eux était pris d’un malaise. Mes dispositions à aller le chercher dans l’eau, mon potentiel physique pour le ramener sur la plage, ma réactivité à lui prodiguer les premiers secours, activent ma volonté à m’entretenir pour demeurer opérationnel. Alors, je cours, je nage régulièrement et j’entretiens mes connaissances en secourisme pour que si un jour un nageur se trouve en difficulté, je puisse répondre efficacement « présent ».
 
Et j’en viens souvent à rêver et prends plaisir à penser que parmi le public qui nage et s’agite dans la piscine ou en bord de mer que je surveille, certains sont des docteurs oncologues qui me tiennent médicalement en vie et sur ce bord de plage, c’est moi qui les surveille…
 
Alors je constate que le travail et le cancer, ne sont dans mon cas, pas incompatibles….
 
Après 2 ans de traitement par hormonothérapie, j’ai attaqué depuis 3 mois un traitement chimio par Taxotère et je poursuis mes activités sportives et de bricolage. Il me faudra trouver un moment sur mon agenda pour aller trouver mon médecin oncologue de l’époque pour lui rappeler que je suis encore là et ce pour de nombreuses années… (Rire).
 
MJ